Camper : une aventure sans lendemain

Oui, on adore parler camping.

On voudrait vous parler d’un site qu’on a découvert au cours de notre premier périple dans l’ouest américain : hipcamp.com

oui, il faut donner des sous

Le principe est assez simple : explorer le territoire, être dehors le plus possible pour apprendre à l’aimer et à le protéger. Ils expliquent sur leur site que 60 % du sol américain est une propriété privée. Comment faire alors pour accéder à des lieux pourtant « sauvages » ? Ils proposent donc de mettre en relation des campeuse-rs eco-friendly (des amoureuses-x de la Terre) avec des propriétaires terriens. Facile, on comprend alors mieux leur nom : Hip pour hippie, Camp pour camper.

Nous on a trouvé ça chouette (et puis, on galérait à trouver un endroit pour camper, faut bien le dire, voir l’épisode : Camper aux USA)

Bref du coup on a réservé ici, au Oak Tree Ranch, à Morgan Hill (on balance, même pas peur).

Regardez comme ça a l’air bucolique et champêtre.

Bref, joyeuses-x que nous étions, nous avons été avec enthousiasme vers ce lieu de campement. On est arrivé-es tôt, assez pour voir l’envers du décor * musique dramatique *

Ah c’est sûr il y avait un arbre et de la paille brûlée. Mais d’autres petits cadeaux nous attendaient.

7 ans de malheur
des cartouches et des piles usagées
une tondeuse à réparer

Et d’autres trucs.

Bon on était pas joie tellement, mais on s’est dit : « baste » (oui, carrément) c’est pas pire que d’autres endroits où on a pu camper dans notre vie, et en plus, on a donné des sous, donc on reste (et puis on a pas tellement d’autres endroits où aller).

Le soir tombe, on assiste ébahie-s à un envol d’oies sauvages (ou bien des canards, en tout cas des oiseaux quoi). Le coucher de soleil est très chouette.

Nous sommes épuisé-es, les journées précédentes ont été longues, très chaudes (jusqu’à 42 °) : après notre lecture quotidienne, nous décidons d’intégrer notre tente. Bien sûr que je l’ai plantée sur des morceaux de miroir et des souches. Sinon on aurait été trop confortables.

Et c’est là que commence le défilé de bruits incessants :

Tout d’abord dans le silence de la nuit (faux) et imitant les animaux migratoires, des 4*4 et autres véhicules font des aller-retours bruyants. Des gens habitent là, manifestement. Ils s’arrêtent dans l’allée à côté de nous. Puis repartent, puis reviennent (oui, je sais que vous savez ce qu’est un aller-retour, c’est pour insister).

Puis des coups de tonnerre retentissent. Plusieurs. On réalise que vu le ciel, ce n’est pas Emmanuel qui est venu à nous. On était pas super rassuré-es. D’ailleurs, c’est à peu près à ce moment là que le chien a arrêté d’aboyer. Coïncidence ?

Exemple de commentaire sur la page Facebook de la police du coin

On avait pas Facebook, mais l’ambiance générale était à peu près là.

Et puis dans la nuit noire, alors qu’on avait enlevés nos lunettes, on a commencé à voir des phares braqués sur notre toile. L’oeil de Sauron nous fixait. Notre respiration était mi-haletante mi-retenue mi-endormie. Puis des bruits de pas. Et des gens qui parlaient (anglais). On a entendu et vu de manière floue des gens dans le champ. Puis une tente qui se montait à côté de nous.

C’est à peu près à ce moment là qu’on a commencé à entendre le chant des oiseaux. De manière répétée. Et continue. Cet oiseau parlait manifestement plusieurs langues. Le moineau, le corbeau, le coq, l’oie sauvage. Mais il n’avait pas l’air d’avoir beaucoup de vocabulaire.

Comme vous avez suivi notre épisode sur les animaux de Californie, vous devriez reconnaître le fameux « piou-piou mécanique ».

Le matin fut long à arriver, la nuit (à 36°) voulant paresser un peu. « Réveillé-es » à 5 heures, nous avons eu tôt fait de tout remballer. Nous devions passer une seconde nuit ici avant de rentrer à Santa Cruz ? Et bien non ! #rebelles

On a préféré aller dépenser nos sous ailleurs. Et avoir un matelas. Et une douche. Et pas de coups de feu. Et dormir (en plus c’était Dimanche, et le Dimanche il y a Game of Thrones).

C’est ainsi que nous avons terminé notre périple camping, pour cette fois là.

Épilogue : nous avons fait une réclamation auprès de HipCamp. On nous avait dit que tout se paye aux USA, mais tout se réclame aussi. Depuis, d’autres campeur-ses ont signalé que cet endroit était glauque et sale, avec de bonnes possibilités de ne pas tellement dormir.

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