La Plantation Whitney

C’est le grand retour des articles !

Bon, on est un peu moins active-f sur notre site, mais qu’est-ce que vous croyez, on ne fait pas des choses intéressantes tous les jours (à peine tous les weekends).

C’est parti pour une série : Ça ressemble à la Louisiane

Quand on va en Louisiane, on a le choix pour visiter les plantations :

  • l’angle blanc, des colons, qui vont vous vanter la culture de la canne à sucre, du tabac, de l’indigo et autres produits pour la teinture… et les magnifiques maisons. En faisant l’impasse sur la magie qui faisait fonctionner tout cela : les esclaves.
  • la plantation Whitney, qui met l’accent sur l’histoire noire, sur le souvenir et l’esclavage.

 

Oui, on est donc allé-es là.

La guide nous a fait déambuler dans un terrain reconstitué :

  • l’église est la première église noire du coin, elle a été démontée et transportée sur le terrain mémoriel.
  • les taudis où vivaient les esclaves ont été pour la plupart détruits lorsque la plantation a fermée. Le musée en a récupéré d’autres endroits et reconstruit certains.
  • un endroit avec des œuvres d’art autour de l’esclavage et de #blacklivesmatter (la vie des noir-es compte)
  • la moitié du terrain posé en monuments aux mort-es : le peu d’information que l’on a des esclaves qui sont venu-es, ont grandi et ou sont mort-es dans cette plantation, et aussi dans d’autres.

Partout on est effaré-es du traitement inhumain : la guide insiste bien sur le travail de réécriture de l’Histoire que tentent de faire les gens (blancs…) aujourd’hui. « ce n’est pas si grave » « oui mais certain-es étaient bien traité-es ».

La Louisiane, c’est sauvage, encore maintenant. Et chaud, et humide, et moustiqueux. En plus l’hiver il gèle. On a pas de mal à imaginer le boulot que ça peut être rien que de déboiser quelques mètres carrés. Alors pour planter et entretenir des cultures… Surtout celles comme la canne à sucre qui coupe les doigts, et doit être chauffée à haute température pour produire la mélasse.

Les maladies, les mauvais traitements… incluant le contrôle par nourriture, l’obligation de se reproduire avec une sélection (ben oui, Bob est un bon esclave, donc faut qu’il se reproduise.), les mains, oreilles coupées, les mises à mort…

Lors des débats pendant la Sessession, les partisan-nes de l’Union se sont confronté-es à une belle hypocrisie : comment déclarer les Etats-Unis comme pays de la liberté alors que fondés sur une main d’oeuvre esclave (et indispensable) + continuer de profiter de la richesse des états du Sud (money money) ?

Le Gouvernement envisage même un moment un moyen de rapatrier les esclaves affranchi-es. Mais bon faut pas déconner ça coûte cher et en plus, on a quand même besoin de main d’oeuvre pas chère. Les noir-es vont bien accepter de travailler pour presque gratos et / ou un bout de terrain pourri (dans les marais) (qui ne nous appartient même pas, pas cher).

L’idée que les personnes racisé-es sont inférieur-es demeure toujours dans l’esprit de beaucoup. Il n’a pas été rare pour nous de voir des drapeaux confédérés. Les noir-es ont les boulots moins payés, que personne ne veut. Ils-Elles sont toujours casé-es dans les boulots les plus durs et les moins bien payés (c’est encore pire si vous n’êtes pas un homme).

Hashtag GROSSE AMBIANCE

Tout le long du parcours de visite

 

On vous en reparlera surement dans un article sur les villes et la Nouvelle Orléans ! Après Katrina en 2005 la population noire a vu les quartiers se « gentrifier » (devenir beaucoup plus chers) et pour beaucoup, n’a pas pu revenir dans la ville, le coût de la vie étant devenu inaccessible.

Une visite vaut plus que mille mots, alors : voilà, allez-y !

 

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