Randonnée au coeur de Point Reyes

Lors d’un précédent weekend, on était passé-es au Nord de San Francisco et on s’était perdu-es en plein nuit du côté de Point Reyes Station. Ça nous avait bien plu et on s’était dit qu’on allait revenir pour randonner par là bas.

C’est chose faite grâce à ce weekend vers San Geronimo / Point Reyes.

De manière pas très organisée on s’était renseigné-es auprès de notre hôte pour savoir où étaient des randonnées chouettes. Mais encore une fois, on s’est fait surprendre à la fois par les distances et par les endroits où on peut payer qu’en cash (et nous, on est tellement content-es avec nos CB et nos 7 quarters pour faire la lessive, qu’on a pas tellement de porte-monnaie* plein de liquidités)

*wallet, dans le texte.

Notre première balade a été dans un terrain de golf. Oui, pourquoi pas. Antoine s’est découvert une passion pour le ramassage de balles.

Passion de courte durée, lorsqu’il a découvert que ça valait pas si cher que ça, et que celles ramassée ont disparues pendant notre déménagement (dont on parle ici, suivez un peu !)

Le soir, on a voulu se faire de la true expérience californienne en allant dans un bar bizarre au milieu de nulle part. La déco était au RDV, avec de la bonne vieille musique country bien de chez nous ! (sort of).

Le lendemain, fringant-es comme jamais, on a pris la voiture, direction Point Reyes (et la Bear Road, route de l’Ours) ! L’itinéraire qu’on a choisi était un peu flou : on ne savait pas trop à quel point on serait (ou non) motivé-es, et si on partait plutôt sur 6 ou 8 heures…

C’était également l’occasion d’étrenner le nouveau sac que maryon s’était procuré pour préparer la randonnée itinérante de SantaCruz Island (qu’on vous a racontée entre autres ici).

Les collines sont belles, et au bout d’un moment, le brouillard disparaît un peu, et on ne croise plus personne, sans compter les très belles vaches noires posées en pâturage. Ce sont quasiment des fjords que nous voyons, avec beaucoup de marais. Nous nous posons la question à un moment de tenter de traverser à pied, mais la marée nous prend de court et nous faisons finalement le tour.

Nos ami-es Katie et Ryan sont sur le même chemin, et font leur pose pique-nique à quelques centaines de mètres de la nôtre. Nous ne le savons pas encore…

On comprend de plus en plus pourquoi cet endroit porte des noms Ecossais… il ne manque plus que les vaches à poils longs…

Au bout d’un moment, on se dit qu’on a assez marché et devons faire rebrousse chemin pour pouvoir arriver à la voiture avant la nuit. C’est là que les ennuis commencent : les cartes de randonnées sont aussi précises que les connaissances des tables de mathématiques de maryon. Des fois ça tombe juste, mais c’est surtout très approximatif.

On tente un « raccourci » pour aller voir un marais rose qui nous semble prometteur. De toutes façons, on avait déjà perdu un peu le chemin, et cela semblait aussi sûr. Mais finalement le semi sentier se révèle être une coulée d’animaux. Elle s’évanouit autant que le soleil commence à nous brûler. Pas déboussolé-es pour autant, on décide de rejoindre la piste en coupant à travers la colline. Une fois sur la ligne haute, on devrait bien tout voir non ?

maryon à ce moment de la rando.

En fait on voit rien du tout. Le soleil commence à être vraiment éblouissant, quand on commence à se sentir observé-es. En regardant d’un peu plus près, une biche, puis deux, puis trois, puis 12 nous observent du sommet de la colline d’à côté. Elles nous fixent. [musique angoissante]

Quand arrive un énorme elk. Il nous regarde comme si on était sur son territoire. Oups.

Et il brame.

Bon alors nous au début on savait pas trop ce qu’il se passait. On a juste entendu un bruit terrible en se disant qu’on avait aucune arme pour se défendre. Stephen King encore une fois. Au bout d’un moment on s’est dit que c’était ça, époque du brame du cerf, tout ça tout ça. Mais quand même c’était pas rassurant. Pour celles et ceux qui se demandent à quoi ça ressemble, mettez vos enceintes à fond au milieu de la nuit et play :

Bref on a continué notre « chemin » jusqu’à enfin retrouver la route et difficilement la vue, en faisant une petite prière et en précisant aux animaux qu’on ne faisait que passer. On commençait à être fatigué-es et devoir envisager un rationnement d’eau (d’où les problèmes de vision me direz-vous).

Pendant qu’Antoine disait « mais non c’est bon t’inquiète on en a plus que pour une heure » toutes les heures, on a vu pas mal de bestioles poussant des cris bizarres. On avait un peu peur parce qu’on court quand même moins vite qu’un Elk affamé… Mais à chaque fois ça allait, parce qu’elles étaient quand même assez loin de nous… Jusqu’à ce qu’un moment, alors qu’un de nous deux se retournait pour attendre l’autre, à moins de cent mètres… José nous regarde. Et fait le bruit caractéristique de son espèce : OHHUIIIKKKUUIIIAaahssskkrrrrr.

José.

Celui là, il nous veut du mal, c’est sûr… (aucun suspense vu que je vous raconte l’histoire mais bon).

Regardez ses petits yeux méchants là.

Peut-être on aurait dû prendre plus d’eau.

A reculons parce qu’on a lu quelque part qu’il fallait pas tourner le dos à un Elk, on tente tant bien que mal de finir la rando… En plus c’est toujours joli. Mais ça grimpe.

C’est loin, mais c’est beau.

En plus pas de bol, mais on avait la carte sur le téléphone, qui décide de s’éteindre par manque de batterie. L’angoisse. Je résume donc, plus d’eau, pourchassé-es par des Elks, plus de batterie, et déjà trop de kilomètres dans les pattes (et en plus, qu’est-ce qu’on va manger ce soir ?).

Finalement on aura réussi à s’en sortir sans (presque) aucune égratignure. On a été juste après à Inverness pour manger dans un resto juste à côté de nos ami-es Katie et Ryan (toujours, sans le savoir). Une baignoire pleine d’eau chaude et des mures mures nous attendaient un peu plus loin pour conforter nos cœurs.

Notre weekend n’était pas fini, mais ça sera pour un prochain épisode !

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