Population premières nations : les Chumash

Dans nos articles sur Santa Cruz Island, on vous a un peu parlé de la tribu qui existait sur place (ici et ici) : les Chumash, peuple des coquillages.

On distingue les peuples qui habitaient sur les Channels Islands (Chumash), et ceux qui étaient sur la côte vers Santa Barbara, et même plus bas jusqu’à Malibu (Michumash).

Comme beaucoup d’endroits pré époque colonisation, des personnes vivaient là OKLM (au calme mémé, tranquille, à l’aise quoi, sans nous). On ne sait pas trop combien iels étaient exactement. Peut-être 20 000 individu-es, peut-être 8 000, sur 148 villages (sans doute, plus). Les chercheureuses ne sont pas d’accord là dessus. Le petit nombre est peut-être dû au fait qu’à l’âge de 8 ans on donnait aux enfants garçons du poison à boire, pour les aider à passer à l’âge adulte (appréciez la métaphore mortelle).

Les Chumash sont apparu-es sur Santa Cruz Island (si vous suivez, vous savez qu’elle s’appelait pas comme ça mais Limuw). Hutash, (Gaïa) a planté une petite graine magique et tadam !!!

Son époux Alchupo’osh (la voie lactée, ou « serpent du ciel ») décide un jour de faire un cadeau aux Chumash : il leur envoie un éclair pour qu’iels aient chaud et fassent cuire des trucs.

Attendez ne partez pas, j’ai une autre histoire : avant le Condor était un oiseau blanc. En passant au dessus d’un village Chumash, il voit un truc brillant, alors il s’approche, il s’approche, jusqu’à s’en faire brûler les ailes. Et paf, oiseau noir, sauf les endroits qu’il a pas eu de brûlé.

Ca sent l’explication foireuse de parent type « dis papa pourquoi le ciel est bleu ? » ET BIEN TU VOIS PAMPHILE C’EST A CAUSE DE HEU

Bref, grâce au feu, les Chumash prospèrent, et Hutash, saoulée du bruit, décide d’exporter les Chumash hors de l’île. Mais comment les faire traverser ? Elle fait apparaître un arc-en-ciel jusqu’à la côte. Mais plusieurs d’entre elleux étaient un peu des boulets, et tombent du pont dans la brume. Hutash était embêtée puisque c’était elle qui leur avait dit de traverser : elle les transforme alors en dauphins. C’est pour ça que les Chumash défendent (aujourd’hui toujours) fort les dauphins (et toute vie marine) en les appelant frères et sœurs (c’est beau).

Par temps clair, on peut donc rejoindre facilement la côte (le « mainland« ) mais le temps, comme partout, peut tourner rapidement, et chaque expédition est susceptible de leur coûter la vie. Surtout qu’en vrai ce ne sont pas des Leprechauns mais des marin-es : iels utilisent des canoës, appelés tomolo.

Si ces bateaux vous semblent familiers, des archéologues et anthropologues ont fait des études sur les similitudes avec des embarcations polynésiennes, mettant en évidence des contacts pré époque colombienne. Les artefacts trouvés, et la linguistique montrent également des échanges. C’est un fait assez rare d’avoir un peuple qui navigue régulièrement sur l’Océan : apparemment deux en tout dans les peuples premières nations !

Sur l’île, on vous a dit qu’on était arrivé-es à « Prisoners Harbour ». Ce n’est pas sans hasard que c’est le premier port d’approche de l’île par les colons : c’est aussi un des villages de l’île et un port Chumash.

Il y a assez sur l’île pour subsister sans avoir à faire de l’agriculture (un peuple de chasseur-ses-cueilleur-ses donc) : de l’eau douce, de la nourriture (issue de la pèche, des cactus, des diverses plantes, des glands, des petits animaux comme les renards, les oiseaux, les loutres de MER, les phoques…). Les échanges entre villages côtiers et insulaires, ainsi que les stocks hivernaux suffisent à nourrir chacun-e.

La civilisation Chumash avait une monnaie, les coquillages, trouvés sur… Santa Cruz Island. Et donc sur l’île on trouve beaucoup des petits coquillages. Limuw sert donc d’usine à argent. D’où sans doute leur nom… (maintenant il y a un casino avec des dollars…)

Les Chumash semblent avoir une société très développée, avec des rôles variés. Iels possèdent un mot et une place dans la société pour les personnes transgenre et/ou homosexuelles : Aqi. Iels font de l’Art, comme des paniers, ou des peintures, avec notamment (apparemment) beaucoup de Scorpions. Il paraîtrait qu’on peut en voir au Musée de l’Homme à Paris. Iels avaient une connaissance avancée en cosmologie et en faisaient des représentations picturales dans des grottes. Iels sont particulièrement connu-es pour leurs peintures murales – sculptures (pétroglyphes), comme celles de Burro Flat.

Comme la plupart des premières nations ici, la population a diminué à l’arrivée des colons : maladies européennes, mais aussi avec la spoliation de leurs terres…

Le premier contact est en 1542 avec Cabrillo, qui meurt d’ailleurs dans ce coin et fut enterré sur l’île d’à côté. Mais les Espagnol-es ne reviennent coloniser la Californie que bien plus tard, en 1769. Encore une fois, on peut faire une distinction entre les Chumash de la côte et celleux habitant sur les îles : les premièr-es furent déporté-es dès 1772, les deuxièmes 1816.

Chassé-es de leur propre territoire, dispersé-es, exproprié-es, mais aussi réduit-es en esclavage dans les Missions un peu partout sur le territoire aujourd’hui Californien, on dénombre de 2 000 à 5 000 Chumash après l’arrivée des européen-nes. On pense que dans les années 1900, iels n’étaient plus que 200…

Les Missions servant à christianiser de force, mais aussi à exploiter cette main d’oeuvre et leur soutirer les moyens de subsister sur ce territoire plus ou moins hostile (oui, avec des scorpions, des chaleurs effroyables, des chats sauvages et autres bestioles pas très sympas).

Une fois que l’extermination des premières nations a commencé à décroître, la population Chumash a cru, et elle compterait aujourd’hui 5000 personnes, la plupart descendant des Chumash des îles. L’unique réserve Chumash est à Solvang, près du lac Catchuma, où nous sommes passé-es plusieurs fois avec Antoine, comprendrait quelques centaines de Chumash. La dernière personne (Mary Yee) a parler couramment Chumash (Samala) est décédée en 1965, mais, linguiste, elle a transmis ses connaissances avant de mourir. Certain-es continuent à essayer de faire revivre cette langue et perpétuent sa culture et ses traditions.

 

 

 

Sources :

Polynesians in California: Evidence for an Ancient Exchange?

Association de navigation Chumash : iels font une traversée annuelle des îles, de manière traditionnelle

Musée Chumash vers Santa Barbara et les Channels Islands

Contes et histoires mythologiques Chumash

BCC on PGE

Site gouvernemental sur les Tomols

Site gouvernementale sur les Chumash

Une page avec plein de sites remarquables Chumash

Dictionnaire anglo-Samala (chumash)

Chumash Pow-wow

 

 

 

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